: « C’est l’Hôpital qui se moque de la Charité ». Utilisée pour reprocher à quelqu’un un défaut que l’on possède soi-même, cette expression assimile l’Hôpital à la Charité, deux établissements de santé qui, sous des vocables différents, exercent une même mission : offrir l’hospitalité aux indigents, aux malades ainsi qu’aux pèlerins. À l’échelle du paysage lyonnais – ville-hôte du colloque dont les actes sont publiés dans le présent numéro –, on comptait, au xix e siècle, deux grands hôpitaux appelés l’Hôtel-Dieu et la Charité. C’est en 1802 qu’ils furent officiellement réunis au sein des Hospices civils de Lyon, cette dénomination gommant toute référence aux anciennes congrégations religieuses qui en assuraient la gestion. Cette fusion de l’Hôtel-Dieu – et donc de l’hôpital – avec la Charité témoigne ici du processus latent de laïcisation de ces établissements. Loin de faire exception, l’histoire des Hospices civils de Lyon est semblable à celle de bon nombre d’établissements de
: L’histoire juridique du tatouage commence modestement, au début du XIX e siècle : les médecins légistes utilisent l’observation de toutes les marques corporelles pour aider la justice à identifier un cadavre, confondre un coupable ou un récidiviste. Au cours de la III e République, les progrès de l’identification judiciaire par les mesures anthropométriques auraient dû reléguer le tatouage au second plan. Il n’en sera rien. Celui-ci devient au contraire un sujet d’affrontement idéologique : l’École de Lyon (Lacassagne, Locard) y voit un indice d’appartenance à une « classe dangereuse » que le gouvernement devrait sanctionner sévèrement au nom du progrès social. Cette vision déterministe a suscité les critiques d’une partie des praticiens du droit, en particulier des magistrats. Passé ce temps de débats parfois vigoureux, le tatouage se répand dans la société, justifiant des préoccupations d’ordre sanitaire, un encadrement strict des professionnels ou encore des interrogations sur le
: Coordination Alice Bonzom, Université Lumière Lyon 2, Triangle UMR 5206 Simon Castanié, Centre Roland Mousnier UMR 8596 Nicolas Picard, Centre d’histoire du xix e siècle UR 3550 Benoît Saint-Cast, LARHRA UMR 5190 Verónica Vallejo Flores, Mondes Américains UMR 8168 Argumentaire Le temps de la justice reste un domaine relativement peu exploré en histoire et en histoire du droit. Paradoxalement, les archives judiciaires ont plus souvent été utilisées pour saisir les rythmes des sociétés anciennes et les temporalités des pratiques sociales [Voth, 2000] que pour comprendre les rapports de la justice au temps. Pourtant, le temps de la justice n’est pas un temps social et politique ordinaire [Garapon, 1997]. Au-delà des symboles et des rituels qui donnent majesté et autorité aux jugements, la justice en tant qu’activité sociale a ses propres temporalités réglées par le droit et l’organisation du travail judiciaire. La procédure donne aux actions un ordre temporel, avec des délais et des durées
: Coordinación Alice Bonzom, Universidad Lumière Lyon 2, Triangle UMR 5206 Simon Castanié, Centre Roland Mousnier UMR 8596 Nicolas Picard, Centre d’histoire du xix e siècle UR 3550 Benoît Saint-Cast, LARHRA UMR 5190 Verónica Vallejo Flores, Mondes Américains UMR 8168 Argumento El tiempo de la justicia sigue siendo un campo relativamente poco explorado en historia e historia del derecho. Paradójicamente, los archivos judiciales se han utilizado con más frecuencia para comprender los ritmos de las sociedades antiguas y las temporalidades de las prácticas sociales [Voth, 2000] que para entender la relación entre la justicia y el tiempo. No obstante, el tiempo de la justicia no es un tiempo social y político ordinario [Garapon, 1997]. Más allá de los símbolos y rituales que confieren majestuosidad y autoridad a las sentencias, la justicia como actividad social tiene sus propias temporalidades reguladas por el derecho y la organización del trabajo judicial. El procedimiento da a las acciones un
: Coordination Alice Bonzom, Université Lumière Lyon 2, Triangle UMR 5206 Simon Castanié, Centre Roland Mousnier UMR 8596 Nicolas Picard, Centre d’histoire du xix e siècle UR 3550 Benoît Saint-Cast, LARHRA UMR 5190 Verónica Vallejo Flores, Mondes Américains UMR 8168 Argument The temporality of justice is a topic that has not been explored much by social and law historians. Paradoxically, legal archives have more often been used to grasp the rhythms of ancient societies and the temporality of social practices [Voth, 2000] than to understand the relationship between justice and time. Yet the temporality of justice is no ordinary social and political time [Garapon, 1997]. Beyond the symbols and rituals that give majesty and authority to judgements, justice as a social activity has its own temporalities regulated by the law and the organisation of judicial work. The temporality of these actions is regulated by law and proceedings, which impose an order, deadlines and variable durations depending