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Crimes français en Algérie : que dit le droit pénal ? (Criminocorpus)
: Ce dossier fait suite à un colloque tenu en juin 2022 à Lyon, sur le droit pénal et les crimes français en Algérie. En guise d’introduction, il importe ici de revenir sur la genèse de ce colloque. L’idée a germé lors d’un séminaire qui se tenait au mémorial des enfants d’Izieu sur le besoin de procès pénal en droit pénal international séminaire au cours duquel l’absence de grands procès pour l’Algérie (entre autres) avait été relevée. Que la mémoire des enfants d’Izieu nous amène à nous souvenir des enfants d’Algérie, voilà semble-t-il, un beau symbole à contrecourant des polémiques relatives aux concurrences des victimes et des mémoires. C’était en 2019. Emmanuel Macron avait jeté les premiers jalons de sa politique mémorielle en faisant remonter la guerre d’Algérie à la surface et envisagé des bribes de reconnaissance et de réparation (ce n’était pas le premier à le faire, d’autres responsables politiques l’avaient précédé). Après avoir qualifié la colonisation de crime contre
Propos conclusifs (Criminocorpus)
: « Crimes français en Algérie (1954-1962) : que dit le droit ? », telle était la question posée lors d’un colloque qui s’est tenu à Lyon, en juin 2022 et dont les actes sont publiés dans ce dossier. Avant de me pencher sur les réponses, je souhaiterais contextualiser l’exercice auquel nous nous sommes livrés pendant ces trois demi-journées. Je voudrais le faire en évoquant, citant un certain nombre de personnes issues de diverses disciplines, auxquelles je suis attaché. Contextualiser Je souhaite contextualiser en évoquant et en citant un certain nombre de personnes issues de disciplines différentes, dont la pensée m’est précieuse. Trois d’entre elles étaient présentes parmi nous ou auraient dû l’être. Alain Supiot d’abord. Je l’entends encore dire (c’était à Goutelas il y a quelques années) que nous étions de la génération qui a échappé au chômage, à la poliomyélite en amont, au sida en aval, et à la guerre d’Algérie. Jean-Paul Jean ensuite (c’était à Izieu plus récemment) qui a