: Ce dossier fait suite à un colloque tenu en juin 2022 à Lyon, sur le droit pénal et les crimes français en Algérie. En guise d’introduction, il importe ici de revenir sur la genèse de ce colloque. L’idée a germé lors d’un séminaire qui se tenait au mémorial des enfants d’Izieu sur le besoin de procès pénal en droit pénal international séminaire au cours duquel l’absence de grands procès pour l’Algérie (entre autres) avait été relevée. Que la mémoire des enfants d’Izieu nous amène à nous souvenir des enfants d’Algérie, voilà semble-t-il, un beau symbole à contrecourant des polémiques relatives aux concurrences des victimes et des mémoires. C’était en 2019. Emmanuel Macron avait jeté les premiers jalons de sa politique mémorielle en faisant remonter la guerre d’Algérie à la surface et envisagé des bribes de reconnaissance et de réparation (ce n’était pas le premier à le faire, d’autres responsables politiques l’avaient précédé). Après avoir qualifié la colonisation de crime contre