[{"source":"Faculté de droit Travaux récents","id":3229090,"description":"dc.contributor.author: Trépanier-Fleurant, Sara dc.date.issued: 2026-10 dc.description.abstract: Ce mémoire examine la relation entre l’amour romantique et la jalousie afin de déterminer si celle-ci constitue une composante nécessaire de l’amour. Nous défendons l’hypothèse que leur relation est contingente plutôt que nécessaire en mobilisant l’approche socioconstructiviste en philosophie des émotions. Nous comparons d’abord trois conceptions de l’amour : comme émotion, comme disposition émotionnelle et comme syndrome. Nous soutenons que la conception de l’amour comme syndrome est la plus adéquate, puisqu’elle rend compte de sa persistance et de la diversité des émotions, pensées et comportements qui lui sont associés. Nous examinons ensuite les approches évolutionnistes de l’amour et de la jalousie. Bien que la jalousie puisse être interprétée comme une stratégie adaptative favorisant le maintien du lien avec un partenaire, les arguments évolutionnistes ne permettent pas d’établir qu’elle est nécessaire à l’amour. Une critique méthodologique des « just so stories » remet notamment en question les inférences attribuant aux comportements actuels une fonction adaptative passée sur la seule base de leur utilité supposée. Enfin, les approches socioconstructivistes mettent en lumière le rôle des normes, des institutions et des pratiques sociales dans la constitution de l’amour et de la jalousie. Les conceptions de la monogamie, de l’exclusivité et de la possessivité influencent l’interprétation des situations menaçantes. Le polyamour et la compersion illustrent la possibilité d’aimer sans éprouver de jalousie. Nous concluons que la jalousie peut accompagner l’amour dans certains contextes, sans en constituer une condition essentielle.; This thesis examines the relationship between romantic love and jealousy to determine whether jealousy is a necessary component of love. We argue that their relationship is contingent rather than necessary, drawing on the socioconstructivist approach in the philosophy of emotions. We first compare three conceptions of love: love as an emotion, as an emotional disposition, and as a syndrome. We argue that the syndrome conception is the most adequate, as it accounts for love’s persistence and for the diversity of emotions, thoughts, and behaviors associated with it. We then examine evolutionary approaches to love and jealousy. Although jealousy can be interpreted as an adaptive strategy that promotes the maintenance of a bond with a partner, evolutionary arguments do not establish that jealousy is necessary for love. A methodological critique of “just so stories” challenges inferences that attribute an adaptive function to present-day behaviors based solely on their presumed usefulness in the past. Finally, socioconstructivist approaches highlight the role of social norms, institutions, and practices in shaping love and jealousy. Conceptions of monogamy, exclusivity, and possessiveness influence how situations are interpreted as threatening. Polyamory and compersion illustrate the possibility of loving without experiencing jealousy. We conclude that jealousy may accompany love in certain contexts without constituting an essential condition of love. dc.type: Thèse ou mémoire / Thesis or Dissertation etd.degree.discipline:","pubDate":"Tue, 20 Oct 2026 08:10:42 +0200","url":"https://hdl.handle.net/1866/46776","titre":"L'amour rend-il nécessairement jaloux? Penser la compatibilité de ces concepts à l'aune de l'approche socioconstructiviste en philosophie des émotions"}]