[{"id":3217169,"description":"A la une actuEL HSE Risques physiques « Le résultat a été spectaculaire : selon les poussières, on a divisé par trois à dix l’exposition des opérateurs », indique Vincent Pourcelly, président de Technigrès, une entreprise spécialisée dans la découpe et le façonnage de céramique pour des magasins de carrelage, située en périphérie de Lyon. Chaque jour, à l’aide de procédés automatisés, les 25 salariés de Technigrès découpent jusqu’à 20 kilomètres de plinthes, ainsi que du mobilier de salle de bain, des margelles de piscines, etc. Une activité qui expose les opérateurs à des poussières de silice cristalline (quartz, cristobalite et tridymite), sous forme de poussières alvéolaires et inhalables. La silice se retrouve également capturée dans des microgouttes et diffusée par aérosols – le procédé de découpe s’effectuant à l’eau. En 2020, l'entreprise est alertée par la Dreets de l’évolution prochaine de la réglementation applicable aux travaux exposant à la silice cristalline. En effet, un arrêté ministériel publié le 26 octobre 2020 prévoit que les travaux exposant à la poussière de silice cristalline alvéolaire issue de procédés de travail seront inscrits sur la liste des procédés cancérogènes, à compter du 1er janvier 2021. L’entreprise s'engage alors dans un chantier d’ampleur. Coût de l’opération : 80 000 euros. ► Lire aussi : Les poussières de silice cristalline sont désormais classées cancérogènes Des expositions en baisse Selon les résultats présentés par l’entreprise, les mesures réalisées après les travaux font état d’une baisse de 63 % des poussières inhalables, de 82 % pour les poussières alvéolaires, de 73 % pour le quartz et de 90 % pour la cristobalite. « Cela n’a engendré aucune baisse de la productivité et ce n’est pas du tout contraignant pour les machines, assure le chef d’entreprise. Pour la maintenance, il faut désormais ajouter l’entretien du filtre au process, mais cela est relativement simple. » Bénéfice secondaire : le temps dédié au nettoyage des locaux a été réduit. Deux ans de travaux En 2020, le dirigeant missionne l’Apave, un organisme de contrôle, pour réaliser un diagnostic des expositions professionnelles. « En raison de la ventilation naturelle des b'timents, on était conforme ou presque aux valeurs réglementaires alors en vigueur », explique Vincent Pourcelly, qui engage un prestataire pour réaliser ce chantier. Objectif : mettre en place un dispositif de captage des émissions de poussières pour réduire l’exposition des opérateurs à la source. La solution retenue consiste en un système d’aspiration centralisé, branché sur chaque machine, ce qui suppose de capoter tous les appareils. « Quand on fait des opérations de découpe, les particules sont éjectées à très grande vitesse. Il fallait dimensionner correctement le capotage des machines et la puissance du réseau d’aspiration », explique le gérant. De la rédaction du cahier des charges à la réalisation effective, le chantier dure deux ans. Une période au cours de laquelle les salariés doivent porter des EPI et durant laquelle les arrêts de production sont fréquents. Le bruit de","source":"actuEL HSE","pubDate":"Thu, 15 Oct 2026 07:36:48 +0200","url":"https://www.actuel-hse.fr/content/bonne-pratique-silice-cristalline-chez-technigres-deux-ans-de-travaux-pour-capter-les","titre":"[Bonne pratique] Silice cristalline : chez Technigrès, deux ans de travaux pour capter les poussières à la source"},{"pubDate":"Wed, 07 Oct 2026 07:37:04 +0200","url":"https://www.actuel-hse.fr/content/duerp-causeries-deconnexion-la-prevention-des-risques-lies-lia-sorganise","titre":"Duerp, causeries, déconnexion... La prévention des risques liés à l’IA s’organise","source":"actuEL HSE","id":3200424,"description":"A la une actuEL HSE Prévention Une ligne « IA » dans le Duerp ? Chez Veolia, c’est non. « On n’a pas identifié une ligne spécifique IA. En revanche, c’est plutôt un facteur de risque qu’on va rajouter aux dimensions déjà existantes, là où on estime que c’est pertinent », a expliqué Charles Jacquemard, responsable France QVCT et prévention des RPS et psychologue du travail chez Veolia, lors de la conférence d’ouverture de Préventica Lyon. Même son de cloche du côté d’Anthony Contat, DRH et président de l’ANDRH Rhône & Ain. « On n’a pas non plus fait un paragraphe dédié à l’IA », rebondit-il. L’entreprise l’a intégrée à la surcharge informationnelle et à la déconnexion : « Il y a la question des prompts : on peut prompter tout le temps, il y a une forme d’addiction. » À tel point que le DRH réfléchit à « couper les accès et les connexions aux outils en dehors de certaines plages horaires de travail ». Une piste encore en discussion, notamment en raison des activités de maintenance industrielle de l’entreprise. « On a juste rendu le travail plus intense » Dans le Duerp, Anthony Contat rattache aussi les usages de l’IA à « la partie intensification du travail et volume des heures de travail ». Une conséquence directe, pour Charles Jacquemard, de la recherche de la productivité à tout prix. Alors que les gains se font attendre (cf. encadré). « Si on se dit que l’IA permet d’augmenter la productivité à temps de travail égal, alors on n’a pas fait de gain en termes de QVCT [qualité de vie et des conditions de travail] , on a juste rendu le travail plus intense », souligne le psychologue du travail. Une situation « qui se passe un peu partout déjà », regrette-t-il. Là, il faut rentrer dans une phase deux qui est cette prise de recul L’intensification du travail à cause de l’IA, Anaïs Georgelin, CEO et fondatrice de SoManyWays, organisme de formation et d’accompagnement managérial, l’a constaté dans sa propre entreprise. « Nous, on est une boîte, on est une trentaine, on a mis en place l’IA au galop », retrace-t-elle. À son retour de congé, elle constate que son équipe « passe plus de temps à faire ce qu' [elle] faisait avant, avec [ses] prompts maintenant » et qu’elle a atteint « cette hérésie où on a des IA qui doivent relire les comptes rendus des IA parce que c’est trop long ». Une fuite en avant qu’elle retrouve dans son entourage d’entrepreneurs de la tech, dont certains « se mettent à prompter jour et nuit ». « C’est hyper addictif parce que ça permet de faire plein de choses », observe-t-elle. Elle rapporte notamment ce témoignage : « Maintenant, je suis épuisé et je me rends compte que, pour la première fois de ma vie, ma limite dans ce que je peux faire, ce n’est pas mes compétences ou la possibilité de l’IA, c’est ma capacité cognitive. » « Là, il faut rentrer dans une phase deux qui est cette prise de recul », estime Anaïs Georgelin. « Qu’est-ce que ça me fait vraiment gagner comme temps ? Qu’est-ce que ça me fait perdre comme temps ? » Si temps dégagé il y a, elle invite à ne pas « remplir tout tout de suite », mais à laisser « cet espace vide pour apprendre, pour se former, pour échanger ». Faute de"}]