[{"source":"Les Surligneurs","description":"Source :France 24, 20 octobre 2026 Etiqe :À nuancer Contenu : Mardi 20 octobre, devant les députés, le ministre de l’Intérieur a annoncé le recours aux militaires de la force « Sentinelle » pour la journée de mobilisation du 24 octobre : « Nous déploierons les forces Sentinelle en substitution des forces de sécurité intérieure, principalement sur des missions de sécurisation statique, pour dégager des policiers et des gendarmes et assurer des missions de maintien de l’ordre » . Le dispositif annoncé est conforme à ce que prévoit le droit, mais le terme de « substitution » prête à confusion : les soldats prennent le poste de policiers, pas leurs fonctions ni leurs pouvoirs de police. La sécurisation d’événements : la mission ordinaire de Sentinelle Garder des b'timents est le cœur du métier de Sentinelle. Les militaires sont habituellement postés devant des lieux de culte, des écoles, des gares ou des aéroports. La finalité de leur déploiement samedi 24 octobre serait tout autre, puisqu’il s’agirait de libérer des policiers et des gendarmes pour qu’ils encadrent les manifestations. Le code de la défense prévoit en substance ce schéma : les formations de l’armée de Terre, qui fournissent l’essentiel de Sentinelle, sont en priorité destinées « à des missions tendant à renforcer les unités de première et deuxième catégories ainsi que les forces de police » et « à des missions de protection » . Elles peuvent aussi, en dernier ressort, « être requises pour des opérations de force nécessitant des mesures de sûreté exceptionnelles » . Ces missions sont cohérentes avec la réorganisation de l’opération engagée à l’été 2025. Comme le souligne l’ avis de la commission de la défense de l’Assemblée nationale sur le projet de loi de finances pour 2026 , l’opération Sentinelle ne se limite plus à la lutte contre le terrorisme mais intègre également « la sécurisation des grands événements » . Par exemple, en mai 2026, des soldats de Sentinelle ont déjà été postés à Décines-Charpieu, près de Lyon, en renfort des forces de l’ordre après un incendie criminel lié au trafic de drogue. La réquisition, condition indispensable à son déploiement Hormis la gendarmerie, l’armée ne peut pas intervenir sur le territoire de la République. L’article L. 1321-1 du code de la défense l’énonce sans ambiguïté : « Aucune force armée ne peut agir sur le territoire de la République pour les besoins de la défense et de la sécurité civiles sans une réquisition légale » . L’exception tient tout entière dans ces derniers mots : seule une réquisition de l’autorité civile permet de lever l’interdiction. C’est sur ce fondement que repose l’opération Sentinelle depuis 2015. La réquisition écrite, qui précise son objet et son étendue , est adressée par le préfet au commandant militaire, et l’autorité militaire « reste juge des moyens à y consacrer » . Les soldats déployés samedi resteront donc sous commandement militaire, et non sous les ordres directs des policiers qu’ils remplacent. Une instruction interministérielle du 14 novembre 2017 ajoute que l’armée n’est engagée que si les moyens","id":3235788,"titre":"Violences urbaines : les militaires de Sentinelle vont-ils remplacer les policiers ?","url":"https://lessurligneurs.eu/violences-urbaines-les-militaires-de-sentinelle-vont-ils-remplacer-les-policiers/","pubDate":"Fri, 23 Oct 2026 07:56:46 +0200"}]